« Je n’ai pas la prétention de pouvoir battre Rafaël Nadal, un des plus prodigieux athlète sur le circuit. Même pas si on lui noue le bras au corps et même pas s’il joue sur une jambe. Mais un Rafa avec les yeux bandés, là, je suis sûr de gagner… »

Cette boutade d’Olivier Letort nous a tous fait bien rire en formation mais elle nous a aussi tous fortement interpelés car nous n’avions jamais pensé à une telle réalité, une telle évidence… Le tennis c’est 90% de vision. Tout est dans le regard…

nadal regardJe vais donc me pencher aujourd’hui sur le « O » de cette formidable méthode « P.R.O. ». Sur le « O » d’ « Observation » et dans un premier temps sur l’observation « externe », le travail de mes yeux, de mon regard. Je vais donc te demander de te mettre en action…

Dans un premier temps, divisons ton action en deux temps bien précis :

Le temps d’Avant Frappe (AF) qui débute à la touche de l’adversaire et se termine à l’instant de ma propre touche

Le temps de la Frappe et de la Post Frappe (FP) qui débute à l’instant de ma propre touche et se termine à la touche de mon adversaire

Ton regard est-il le même pendant les deux temps et comment pourrais-tu les définir ? Que regardes-tu à l’AF et à la FP ? Sur quoi fixes-tu ton attention ?

AF : Ton regard est fixé exclusivement sur la balle puisqu’il n’y a qu’elle qui peut te donner des informations. C’est elle que tu devras frapper bientôt et tu te dois de comprendre sa trajectoire, sa puissance et son effet. On l’appelle l’attention « fixée » ou « étroite ». Avec notre travail régulier de « re-création », tu apprendras à être et rester en « communion avec cette balle » comme le disait Thimothy Gallwey. A ce sujet, Björn Borg passait une demi-heure tous les matins à regarder une balle déposée sur une table. A chacun sa re-création…

  • FP : Dès que ta raquette rentre en contact avec la balle, ton regard change pour la simple raison que tu l’élargis sur ton tamis puisque tu cherches à bien centrer ton coup. Et cette attention restera donc « ouverte » ou « large » puisque tu t’occuperas de regarder ton adversaire, la place qu’il occupe dans son terrain et la manière dont il se prépare pour jouer son coup. C’est le temps du début de ton anticipation en prévoyant le coup qu’il va jouer et celui de ton intention en imaginant celui que, toi, tu vas tenter de réaliser… C’est le temps de l’ « ACTION » de ma méthode.

Réfléchis un peu à présent sur ton besoin énergétique lors des deux temps ? Lequel est le plus énergivore, le temps AF ou le temps FP ?

Tu auras très vite compris que le temps qui demande le plus d’énergie est le temps de l’avant frappe. C’est là que tu dois le plus bouger, te placer, afin d’être au mieux placé pour être bien « mis dans la balle » pour pouvoir, tout en te relâchant, libérer pleinement ta frappe…

Pour ceux qui en doutaient encore donc, j’inspire donc (apport d’oxygène) à la frappe de l’adversaire et j’expire (relâchement, lâcher prise…) à ma frappe… CQFD.

Observe à présent Roger Federer. Que fait-il après sa frappe en revers surtout ? Il reste un instant sur son impact. Il est « au moment présent » et il trouve des sensations en rapport à sa touche de balle. Essaye rien qu’une fois de suivre son exemple, le résultat sera étonnant.

Observe de vieilles vidéos sur youtube… Borg faisait déjà de même pendant son coup droit… Mon idole fut le précurseur de tant et tant de choses dans le tennis. Quant à toi, fort de ses nouvelles idées, passe à l’action !

Thierry, ton coach.