Les Belges en finale de la Coupe Davis : mes idées pour « prolonger le rêve »…

davis belgiumNous ne sommes peut-être pas encore champions du monde et la finale contre la Grande Bretagne ne sera pas une mince affaire. Emmenés par un Andy Murray, 3ème joueur mondial et friand de succès après une année 2015 en demi-teinte, la bataille sera difficile contre les Britanniques.

Mais cet événement héroïque et historique est vraiment de taille. Quand les projecteurs se sont éteints, on le mesure de manière plus perceptible encore. Ils ont déjà écrit l’Histoire. Enorme.

murray davisDavid, Steve et les autres cogitent bien certainement comme moi aujourd’hui : « pensons moins et agissons à présent ». Mettons tout en œuvre pour « prolonger le rêve ». J’ai confiance.

Monsieur Murray qui ne pourra pas faire l’impasse sur le Master à cette époque (« Dura lex… ») et sa bande n’ont qu’à bien se tenir. Ils seront attendus de pieds fermes et de moral d’acier.

Sans parler du football qui prend une place démesurée dans les passions collectives, après le hockey et le basket, une équipe nationale brille donc encore au plus haut niveau et cette fois dans un sport… individuel. Magique.

Mais pensons moins. Et agissons. Car il est temps.

davis folieCe qui s’est passé ce week-end est tout bonnement exceptionnel pour le tennis belge et pour notre pays tout entier. C’est le fruit d’un travail énorme effectué par nos responsables, nos dirigeants, nos clubs et nos entraîneurs. Il faut le reconnaître et leur rendre aussi l’hommage qu’ils méritent.

Je crois que beaucoup ne s’imaginent pas encore aujourd’hui l’impact et les retombées que cette qualification DOIT avoir sur notre sport qui en a grandement besoin. Il faut profiter de cet événement prodigieux. Il est catalyseur.

Arrêtons de nous voiler la face. L’avenir de notre sport en dépend. Fortement.

Car même si je m’incline devant le travail accompli et les efforts considérables réalisés par nos fédérations et autre pour en arriver là, en vérité, tout n’est pas vraiment bien rose aujourd’hui dans la promotion, le développement et l’évolution du tennis en Belgique francophone. Nous le vivons au quotidien dans nos clubs. Bas les masques.

Je ne désire aucunement gâcher la fête, elle est trop belle, ni critiquer stérilement tout ce qui est mis en oeuvre pour que le tennis continue à être ce qu’il est devenu, mais j’aimerais supplier nos décideurs de tenter, eux-aussi, de continuer à faire vraiment un maximum afin de « prolonger et partager le rêve » de manière équitable et constructive.

Car le tennis, depuis dimanche, grâce à notre équipe nationale, est sur les feux de la rampe. Mais son développement est fiévreux. L’heure est à l’action. Encore et toujours.

N’avons-nous pas déjà, il y a quelques temps, un peu trop profité de « l’effet Kim et Justine » comme le foot et le hockey profitent aujourd’hui des fabuleux exploits de nos équipes nationales? Qu’en est-il à ce jour au tennis? Nous devons travailler aussi en tenant compte des expériences du passé. Positives ou… négatives. Surtout.

Voici, en vrac, quelques-unes des idées qui trottent dans ma tête depuis bien trop longtemps. Une fois encore, pensons moins et agissons. Le moment est bien choisi, non? Je ne suis rien ni personne mais j’ai le désir farouche de croire encore à ce sport que j’aime depuis mes huit ans et que je défendrai bec et ongles jusqu’au bout de mes forces.

« Face à la roche, le ruisseau l’emportera toujours, non par la force mais par le persévérance. » (H. Jackson Brown)

Alors que nous avons une équipe nationale capable de se hisser en finale de la coupe du monde tennistique, ne serait-il donc pas grand temps pour l’A.F.T. de plancher et trouver des solutions et des moyens pour pouvoir rivaliser avec les offres énormes des sports collectifs? Il y a là, grand sujet à réflexion.

enfants jouentPourquoi nos « tout jeunes » ne jouent-ils pas ou trop peu en hiver? Il est vrai que moi aussi, en tant que parent et au vu des évidents soucis économiques actuels, je préfèrerais que mes enfants, pour le même prix, jouent environ quatre heures par semaine au foot ou au hockey à la place d’une heure de tennis à 4, 6 voire 8 enfants ou plus sur un (demi) terrain. Ne sourions pas. Certains terrains sont déserts le mercredi après-midi sous les bulles ou dans les salles…

Oui oui. Il est urgent d’agir pour faire jouer et jouer plus encore nos futurs champions en herbe. Sans eux, il n’y a pas d’avenir possible.

L’heure n’est-elle pas venue également, dans le même ordre d’idée, de revaloriser un peu plus nos équipes interclubs de jeunes en périlleux déclin depuis quelques temps au lieu de ne songer bien souvent qu’à l’élite, au gratin?

Scan0001 (2)Pour la petite histoire, pourquoi, depuis tant d’années, le nombre d’équipes (en jeunes filles surtout…) diminue dangereusement et pourquoi n’organise-t-on toujours pas de tour final contre les équipes jeunes néerlandophones?

C’est « Tennis Vlaanderen » qui s’y oppose? Mettra-t-on encore cela sur le compte d’une ridicule querelle communautaire?

Ou bien sommes-nous tout simplement trop réalistes en observant, par exemple, que sur 24 équipes demi-finalistes des tours finals en Messieurs 4 joueurs cette année 2015, seulement cinq équipes étaient francophones? Et seule la vaillante équipe de Garrisart représentera les couleurs francophones dans la finale de la première série. Les treize autres…

Il est parfois fertile de jeter ainsi des pavés dans la mare.

Parce qu’il y a là un réel problème en francophonie, non? L’encadrement est-il différent chez nos amis flamands? Les structures sont-elles plus adaptées, les cours moins onéreux? Ou s’agit-il d’un problème de mentalité? D’organisation? Ou… de pouvoir?

chat sourisNe serait-il pas temps également de plancher une fois pour toute et trouver des solutions pour permettre aux « petits clubs » d’avoir la possibilité de se mesurer à armes égales ou travailler, coopérer avec les grandes structures?

Chacun fait, pour l’instant et bien souvent, cavalier seul, non? Moi aussi, je l’avoue même et le regrette amèrement.

Les résultats obtenus ainsi sont-ils probants? L’union ne fait-elle pas la force? Au risque volontaire de me répéter, pensons moins aujourd’hui et agissons plus. Nous nous devons de « prolonger le rêve ».

Est-ce ainsi que l’on a pu arriver à créer une telle osmose dans notre équipe nationale autour de nos champions issus des deux communautés? Il y a là un esprit rassembleur formidable au vu des résultats? Ne pourrait-on pas y trouver sources de réflexions. Et… d’actions?

Cette occasion n’est-elle pas un beau tremplin pour se mettre enfin autour d’une table, comprendre, admettre et tenter de trouver des solutions à ce qui ne fonctionne pas ou plus?

L’exemple à suivre ne vient-il pas d’en haut cette fois? J’ai la volonté d’y croire. Merci à nos champions, catalyseurs de rêve et, je l’espère, bâtisseurs d’un avenir toujours aussi pétillant pour le tennis en Belgique.

public belgeEnfin, l’heure de la finale est toute proche, Messieurs les décideurs et Messieurs les organisateurs. Ce qui doit être la grande fête du tennis dans notre « plat pays » se déroulera dans deux mois.

Pourquoi ne pas, au lieu de gratifier de places gratuites les dirigeants de clubs, offrir, à plusieurs jeunes de ceux-ci plutôt, la possibilité d’aller assister à cette grande finale fin novembre?

« Prolongeons ainsi le rêve » de manière plus authentique. Que cela devienne une vraie Grande Fête du tennis pour et par nos jeunes.

Un si beau rêve se doit d’être partagé d’abord avec ceux qui, plus tard qui sait, écriront peut-être aussi l’histoire… Nos jeunes doivent être là. C’est une priorité, non? Il faut le leur permettre. Action, de grâce (…)!

Les sponsors savent bien trouver de l’argent pour héberger durant trois jours un « supporter exceptionnel » qui n’en n’a guère à faire en réalité (cessons d’être dupes…) ou gaver de petits toasts, de mignardises (lui, en plus, il préfère les « Big Mac »…) et de champagne les invités « de marque » (quelles marques?…) ou mieux, leur réserver, de plus, les places les plus confortables que, bien souvent, ils désertent… Faut bien digérer.

regardLes yeux remplis de rêve de milliers d’enfants n’ont-ils pas plus de valeur et… de poids que des panses adultes bien remplies?

Pour la finale organisée par « Tennis Vlaanderen » (car dans ce cas-là aussi, il faut respecter l’alternance dans mon pays de compromis…), la salle choisie sera finalement le Flanders Expo de Gand. La faute à Madonna. Un symbole?

Il contiendra au moins 12 000 places en suivant les injonctions des gentils organisateurs de l’ITF. Sachons voir grand. Très grand. Encore plus grand. Ils sont bien énormes, eux, nos héros.

Mais une chose est certaine, il devra y avoir de la place pour tous. Je m’arrangerai pour y être le week-end entier. Avec mes élèves. Et nous ferons tout pour « prolonger le rêve »

On s’y retrouve? On fera la fête ensemble.

En noir-jaune-rouge.

Pour l’avenir du tennis.

Merci notre « Red Dream Team » de nous faire ainsi rêver. Et pour tout ce que vous permettez et permettrez encore.

Ensemble, « prolongeons le rêve »

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