La volonté, joyau de notre cortex préfrontal… (5)

Après avoir appris comment tu pouvais ménager et développer le muscle de ta volonté au moyen d’exercices simples et réguliers, je vais essayer de t’expliquer comment, à l’avenir, tu parviendras aussi à libérer des énergies de volonté supplémentaires en prenant conscience de la toute-puissance de ta volonté et en mettant à profit toutes tes réserves…

Je vais commencer par te mettre en garde.

pensée positiveLes adeptes de la « pensée positive » née au 19ème siècle des idées pionnières de Ralph Waldo Emerson restent persuadés que si tu es convaincu d’atteindre ton objectif, tu l’atteindras aisément. Et tu sais mieux que personne que si tu crois dur comme fer en ta capacité de réaliser un projet, tu trouveras plus facilement l’énergie pour y parvenir que si tu en étais incrédule.

De plus, comme ton mental booste ton corps, tu as appris que le contraire est d’une évidence tout aussi éclairante. Il est clair que le langage de ton corps révèle aussi ton attitude mentale et lui fournit une énergie supplémentaire. Les personnes qui affichent une solide assurance convainquent, par exemple, plus aisément les autres de leurs idées et obtiennent donc plus facilement et régulièrement leur soutien.

Mais ce n’est pas si simple et ce n’est pas parce que ta volonté, mue par ton mental positif, est immense et que tu te crois capable de réaliser tel ou tel projet que tu vas atteindre effectivement ton objectif.

irmakA ce sujet, l’histoire d’Aydim Irmak est assez édifiante. En 2012, ce New-Yorkais d’origine turque s’était en effet mis en tête d’attaquer l’Everest en vélo. N’ayant pas reçu l’accord des autorités, il entreprit son ascension à pieds. Sa confiance en lui n’a malheureusement pas suffit pour faire de lui un alpiniste émérite puisqu’après une lourde chute, il ne devra sa survie qu’à un jeune Israélien qui, par esprit de camaraderie montagnarde, renonça à sa propre ascension pour transporter, à l’aide d’un sherpa, l’infortuné Irmak vers le camp le plus proche.

Beaucoup de ceux qui, comme Aydim Irmak, ont fait confiance en la « pensée positive » ont subi d’amères déconvenues. Tu as ta propre expérience aussi sans doute. Et, pour ma part, je t’ai déjà parlé des limites de cette forme de pensée dans l’article expliquant ma préférence en « la pensée créatrice »

Une étude scientifique particulièrement interpelante confirme également que le seul recours à la « pensée positive » reste insuffisant pour atteindre certains objectifs tout en offrant une solution intéressante afin d’avoir plus de chance d’y parvenir.

examenAvant un examen oral, deux groupes d’étudiants ont été préparés de deux manières différentes. Alors que les chercheurs demandaient au premier groupe de se motiver par des exhortations positives telles que : « je suis bon, j’en suis capable, je vais réussir… », les autres étudiants devaient se poser des questions sur leurs capacités en se répétant, lors de leurs révisions : « est-ce que j’en suis capable, est-ce que je mets tout en œuvre pour réussir…?

Les résultats furent sans appel. Le second groupe d’étudiants réalisa de meilleures notes que le premier.

positifL’explication de ce fait est très simple. Les étudiants du premier groupe, un peu trop optimistes ou trop sûrs d’eux-mêmes de par leurs exhortations ont moins révisé que les autres qui, eux, plus sceptiques, se sont rassurés en se posant les bonnes questions du style : « oui, je vais réussir parce que j’ai beaucoup travaillé, parce que je maîtrise mon sujet… »

Ils ont abordé leur examen avec une « conscience juste » de leurs possibilités, de leurs aptitudes.

Première astuce de la semaine :

Afin de renforcer encore ta volonté, essaie d’utiliser la technique du : « Vais-je réussir? OUI, parce que… »

  • En préparant un nouvel objectif, un nouveau projet, pose-toi la question « Vais-je réussir? ». C’est plus fertile que de s’encourager inutilement avec des : « Je vais réussir ».
  • Puis, réponds par l’affirmative en énumérant clairement et de façon explicite tout ce que tu vas mettre en œuvre pour relever ton défi.
  • Enfin, il ne te restera plus (!) qu’à joindre les actes à tes paroles…

force volontéCette technique ne sera intéressante pour toi que si, bien sûr, tu as pris conscience de la force de ta volonté.

Mais où te situes-tu exactement dans ce domaine?

Voici une nouvelle étude scientifique révélatrice qui pourra très certainement éclairer tes lanternes. Elle a été effectuée par le Docteur Veronika Job, en Suisse, au Département psychologie de l’Université de Zurich.

Après leur avoir demandé de passer un (faux) test de personnalité, celle-ci a divisé les participants en deux groupes également, d’un côté ceux qui, selon le (faux) test, ne disposaient que d’une volonté faible et, de l’autre, ceux qui présentaient une volonté forte.

En réalité, elle avait inventé de toutes pièces cette histoire de test de personnalité et avait réalisé le partage de manière complètement aléatoire.

test volontéEnsuite, elle a demandé aux deux groupes de tenter de réaliser des tâches qui réclamaient beaucoup de volonté. Et, évidemment, les participants ont obtenu des résultats tout à fait conformes à leurs statuts fictifs.

Et… à ce que le Docteur Job attendait d’eux afin de nous démontrer qu’à la limite, une personne qui croit ne pas avoir de volonté n’a pas besoin d’en être réellement dépourvu car, de toute façon, il se comporte comme s’il en manquait. Et vice versa…

D’où l’idée qu’un comportement qui traduit clairement un manque de volonté peut n’être que la conséquence d’une image de soi erronée…

C’est pour cela que je te demandais de te situer par rapport à ta force de volonté. Et si tu crois encore en manquer, lis attentivement la suite.

Seconde astuce de la semaine

Puisque, donc, tu te considères comme quelqu’un qui manque de volonté, il est grand temps de te débarrasser de cette croyance en te persuadant que :

  • tout le monde possède une dose de volonté suffisante,
  • si tu as fait montre d’en manquer parfois, il n’y a rien de plus normal et cela ne prouve nullement que tu n’as pas de volonté,
  • si tu en as manqué, c’est que tu n’avais pas encore pris conscience du comment relever habilement les défis lancés par ta volonté,
  • et, strictement parlant, tu as même beaucoup de volonté. Tu vas d’ailleurs rechercher dans ta mémoire les moments durant lesquels tu en as fait preuve et tu vas bien focaliser là-dessus.

Ensuite, tu aborderas tes tâches plus difficiles avec ce savoir et cette nouvelle image de toi-même. Tu seras même étonné de pouvoir les maîtriser avec une énergie et une confiance en toi accrue.

Enfin, pour terminer ce long article, je voudrais encore attirer ton attention sur un dernière réalité qui me tient à cœur parce que je la vis assez régulièrement.

voyant lumineuxTout comme pour nos facultés physiques, il peut nous sembler parfois ne plus avoir d’énergie de volonté nécessaire à affronter un nouveau défi. Un peu comme si on ne disposait plus de force physique pour terminer un match.

On dit alors « être au bout du rouleau ».

Je me suis toujours persuadé, et de sérieuses études l’ont démontré également, que, dans ces moments-là, un peu comme dans le réservoir de ma voiture, ce n’est que le voyant lumineux d’une future panne sèche qui s’allume en me signalant, avant toute chose, qu’il reste encore une petite réserve que je peux puiser pour tenir le temps qu’il faudra.

Cette image m’a déjà rendu de grands services quand, épuisé par une longue journée de travail, j’aperçois mon dernier élève arriver avec un large sourire. En me rappelant ainsi qu’il me reste encore des ressources, une dernière dose d’adrénaline et quelques gouttes d’endorphine peuvent alors librement couler dans mon corps tout entier afin de me permettre de tenir. Avec un même sourire.

Norma Bücher, cet extraordinaire coureur de l’extrême, affirme même que :

« La limite est là où s’arrête l’imagination humaine… »
Troisième astuce de la semaine

Toi aussi, tu peux tirer profit de ce mécanisme, tant sur le terrain que dans ta vie de tous les jours, dans les petits défis du quotidien. A chaque fois que tu as l’impression d’être épuisé mentalement et incapable de prendre une décision constructive,

  • dis-toi que cette impression n’est qu’un voyant lumineux qui te signale que tu possèdes encore une réserve suffisante et que tu n’es pas encore en situation d’épuisement
  • et imagine-toi puiser dans ton réservoir encore bien rempli. Tu pourras ainsi encore compter un bon moment sur une volonté bien opérationnelle…

Te voilà bien paré à présent pour te fixer de nouveaux défis, non?

De nouveaux objectifs surtout.

Encore un magnifique programme qui sera le thème du dernier article de ce dossier sur la volonté…

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