La volonté, joyau de notre cortex préfrontal… (1)

« La force ne vient pas des qualités physiques mais d’une indomptable volonté. » (Gandhi)

découragement« Je n’y arrive pas, je n’ai pas assez de volonté… Je sais, je suis vraiment nul. »

Cette phrase, je l’entends au moins dix fois par jour tant sur les terrains que lors de mes séances de coaching et elle a le sacré pouvoir de me faire bondir parce qu’elle n’a aucun sens.

Je vais peut-être en choquer certains mais, une fois pour toute, il est grand temps de se persuader que la volonté n’est ni une denrée rare, ni un trait de caractère, ni une valeur morale. Bien au contraire, chacun en possède une solide réserve et il ne tient qu’à nous et à nous seul d’en tirer un maximum de profit.

Sans se cacher derrière une multitude de remords ou d’excuses plus aberrantes les unes que les autres.

Dans ce nouveau dossier donc, je vais tâcher de t’expliquer ce qu’est réellement cette faculté extraordinaire et comment parvenir à l’entraîner et la développer à l’extrême afin de devenir un être (naître?) capable de « détermination dans la décision et de constance dans l’exécution » pour reprendre la définition du Petit Robert, bien plus éclairante que celle, un peu plus confuse, du Larousse.

volontéAvant toute chose, il faut savoir que la volonté est une faculté propre à l’homme. Aucun animal ne se privera de manger afin d’affiner sa ligne ou ne fera volontairement des réserves afin d’assurer ses vieux jours.

Il est donc tout à fait logique de retrouver le siège de la volonté dans le cortex préfrontal qui est cette partie de ton cerveau qui s’est développée le plus tard dans l’évolution des espèces et dont je t’ai parlé dans un précédent dossier.

Elle est donc au service de l’évolution humaine et est donc tout à fait susceptible d’être développée plus minutieusement encore comme toutes les facultés (les talents…) se situant dans cette zone préfrontale.

Bien avant l’utilisation des techniques actuelles de la neuroscience, Phinéas Gage, en 1848 déjà, avait donné la preuve tout aussi irréfutable que dramatique de la présence du siège de la volonté dans cette partie du cerveau. L’histoire relève du miracle.

gageNous sommes le 13 septembre dans le Vermont, aux Etats-Unis, et ce chef d’équipe apprécié par ses ouvriers travaille à la construction d’une voie ferrée. Il doit faire exploser une mine mais, suite à une petite erreur, celle-ci lui explose au visage et une barre en fer de trois centimètres de diamètre lui transperce le crâne.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Gage restera conscient et survivra à cet accident spectaculaire. Mieux encore, deux mois plus tard, bien qu’ayant perdu son œil gauche dans l’aventure, il est à nouveau apte à travailler.

Mais, le grand Phinéas a totalement changé de comportement. En effet, cet homme sérieux, attentionné, sociable, courageux, fiable et doté d’un excellent jugement est devenu une personne instable, asociale, paresseuse, grossière et surtout incapable de programmer ses actions dans l’avenir et… prendre la moindre décision avantageuse pour sa survie.

Il meurt douze ans après son accident dans une grande crise d’épilepsie et de nombreux neurologues vont, bien évidemment, se fasciner sur ce « cas Gage ». Il deviendra, de ce fait, un cas d’école exceptionnel en neurologie.

gage 2En réalité, bien qu’il n’y ait eu aucune autopsie à la mort de Gage, l’observation de son crâne inhumé par après, nous a appris aujourd’hui que la barre en fer avait lésé une région du cortex préfrontal responsable de l’anticipation, de la régulation des émotions et… de la prise de décision.

Car bien sûr, lorsque nous voulons entreprendre une action, c’est en premier lieu la volonté qui est toujours sollicitée. Et le cerveau endommagé de Phinéas Gage en était devenu dépourvu.

En réalité, lors d’une prise de décision, notre choix principal ne réside que dans cette dualité : se faire plaisir tout de suite ou… attendre une récompense différée. C’est à ce stade qu’intervient notre volonté.

A ce sujet, le très célèbre « Test du Marshmallow » que je vous invite à visionner sur YouTube tant il est irrésistiblement drôle et riche en apprentissages, illustre formidablement bien à quel point la volonté peut être déterminante pour réussir dans la vie ou, plus simplement, réussir sa vie.

test marshmallowEn 1972, le psychologue américain d’origine autrichienne, Walter Michiels, met une série d’enfants dans une situation de terrible dilemme : il place un marshmallow particulièrement alléchant sur une table et demande à des enfants de 4 ans de s’asseoir sur une chaise juste devant la table. Puis, il quitte la pièce en disant que si le marshmallow était toujours là à son retour, il en offrirait un second.

Deux friandises, c’est tentant, mais comment résister jusqu’au retour du chercheur ?

Si cette expérience est devenue célèbre c’est parce que Michiels a fait une étonnante observation bien après le test qui ne s’arrête évidemment pas le jour même. Il s’est rendu compte après plusieurs années que les enfants qui avaient relevé le défi avec le plus de brio obtenaient les meilleures notes à l’école, poursuivaient de hautes études, réussissaient plus facilement leur vie professionnelle et rencontraient moins de problèmes d’assuétudes diverses.

Une étude semblable fut menée en Nouvelle Zélande quelques années plus tard sur plus de mille enfants suivis jusqu’à leur 32ème année et les résultats furent sans ambiguïté et ne firent que confirmer les conclusions de la première expérience.

C’est donc cette même force de volonté qui permet aux enfants de quatre ans de réussir le test du marshmallow et de réussir dans leur vie à l’âge adulte.

dilemmeDes études ont démontré que dans notre vie quotidienne, nous sommes confrontés entre trois et quatre heures par jour à cette terrible question du plaisir immédiat ou de la gratification différée.

Et il ne fait aucun doute qu’investir dans la volonté est payant, ce n’est pas au sportif que tu es que je vais apprendre ça. Tu sais combien il est difficile de se préparer au mieux pour une compétition en acceptant tous les sacrifices à faire afin de mener à bien son projet.  La volonté est ta meilleure arme.

Et nous n’avons pas besoin de volonté exclusivement afin de réaliser des objectifs sportifs ambitieux mais également pour relever de petits défis quotidiens relatifs aux décisions judicieuses à prendre dans notre quotidien.

Mais, malgré cela, nous optons souvent pour la solution la plus confortable à court terme.

Combien de régimes avortés, combien de temps passé sur les réseaux sociaux au lieu de se mettre au travail, combien de projets restés en état d’ébauche, combien de « bonnes résolutions » non tenues…

La liste est encore longue, non?

Le prochain article tentera de trouver et comprendre les raisons qui nous poussent à cette réalité stérile.

Et comment essayer d’y remédier.

L’astuce de la semaine

Une bonne dose de volonté te permettra de réaliser tout ce que tu n’as pas réussi jusqu’à présent. A chacune des occasions qui se présenteront à toi, répète-toi cette phrase magique avant de prendre ta décision :

« Plus forte sera ma volonté, plus rayonnante sera ma vie… »

Essaie. Laisse cette phrase agir sur toi.

Aussi souvent que possible…

 

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