Ils l’ont fait! La Belgique est en finale de la coupe Davis…

begium davis« C’est monstrueux, c’est historique, c’est énorme…. », voilà les qualificatifs qu’a balancés Steve Darcis après sa victoire sur l’argentin Delbonis, qualifiant ainsi notre petit pays pour une place en finale de la célèbre Coupe Davis.

Que faut-il ajouter à cela? Pas grand chose…

demi finale davisMême la presse des trois communautés du pays clame haut et fort le côté héroïque et exceptionnel de l’événement avec des titres plus évocateurs que jamais.

Les mauvaises langues (et j’en connais…) ajouteront peut-être que l’exploit n’est sans doute pas si énorme en sachant que cette édition 2015 du Saladier d’argent semble avoir un peu été boudée par plusieurs nations. Nos Belges s’imposant entre autre au premier tour contre les champions en titre, les Suisses, privés de Federer et Wawrinka ou se promenant au tour suivant 5-0 contre une bien faible équipe du Canada alignée sans ses vedettes Raonic ou autre Pospisil…

Peut-être, oui. Mais pourquoi gâcher ainsi notre plaisir? Savourons que diable et exultons même. Nous sommes bien en finale de la coupe du monde de tennis, non? Et le nom du pays qui la remportera sera bien gravé en lettres de feu et à jamais sur ce trophée tant convoité?

Et pourquoi pas nous? Ne vous ai-je pas toujours parlé de « grand rêve »? Nous nous devons d’y croire.

Parce qu’ils ont été formidables, nos héros. Avouons-le une fois pour toute.

goffin davisDavid Goffin a éclaboussé cette demi-finale par son expérience, sa maturité, son talent et son calme légendaire. Parfois un peu trop même lors de ce match d’ouverture de vendredi où il a semblé être un peu tétanisé par l’enjeu. Fébrile. Mais il s’est battu contre ses démons et nous a offert un premier point capital après un match très moyen contre Federico Delbonis.

Dimanche, l' »orfèvre », comme l’a appelé l’inénarrable Patrick Haumont, a, par contre, brillamment effectué son travail avec une sérénité et une justesse implacables pour donner à la Belgique entière ce souffle d’espoir qu’elle attendait après son second simple contre Diégo Scwhartzman. Impérial.

J’aime ce David-là, moi, quand il laisse un peu plus exploser ses ressentis. Son sourire rend confiance à ses supporters. A lui aussi, non?.

Car avant son second match, rien n’était évident. Steve Darcis bien courageux et volontaire n’avait pas fait le poids vendredi face à un Léonardo Mayer survolté qui, le lendemain, épaulé par son compatriote Carlos Berlocq, donnera encore bien du mal à la paire belge Darcis/Bemelmans.

double davisUn double houleux où l’arbitrage médiocre aura sans doute joué un rôle prépondérant dans le succès argentin, nos deux belges perdant la bagatelle de 6 points importants après un erreur monstre dans le Tie-Break du second set.

Il faut pourtant savoir passer outre d’une telle situation, bien sûr.  Mais on ne peut s’empêcher quand même de se poser la question de savoir ce que faisaient deux incapables à de tels postes aussi importants qu’une demi finale de Coupe Davis…

Menés deux manches à rien, nos deux joueurs auront bien un sursaut d’orgueil au troisième set mais ce ne fut pas suffisant. C’était 1/2 pour l’Argentine… Il fallait un « sans faute » dimanche.

« David la science » ayant ramené les deux pays à égalité, c’était au tour de notre « gladiateur » national de rentrer dans l’arène. Steve Darcis, préféré à Ruben Bemelmans pour ses qualités mentales extraordinaires, se devait de réaliser le match parfait.

Alors qu’il avait déjà joué presque 8 heures en deux jours, c’était très certainement une gageure mais le « staff Belgique » paraît confiant. C’est un groupe extraordinaire et ils savent ce qu’ils font. Chapeau bas, Messieurs.

Habitué à « jouer le dernier point », Steve est bien vite rentré dans son match. Mais, sans doute fatigué par ses deux prestations précédentes, le Liégeois perd le fil du match dans le second set. Une manche partout.

van herckEt c’est là qu’il faut rendre hommage à deux personnes. Un homme d’abord,  Johan Van Herck, vaillant capitaine et coach,  qui a su haranguer comme il se devait son joueur. Il connait bien ses gars et sait comment en tirer le maximum. Et plus encore. Du grand art sur le banc. Merci « coach ».

public davisEt que dire aussi du… public. 7000 supporters bruyants, chahutant, emportés par un délire jamais vu à Forest National  et emmenés par un chef d’orchestre haut en couleurs qui faillit se faire expulser plus d’une fois par le Juge-Arbitre. C’eut été un comble. Non mais.

Steve, lui, transcendé, continuait son travail de sape. Serrant les poings et hurlant à la réussite de chaque point impossible remporté. Il est au dessus, dans son nuage. « Il joue dans le Flow » me sourit un élève avec qui je regarde le match. Clin d’oeil. Les jeux se succèdent, la victoire ne peut plus lui échapper. Déjà le public argentin s’est tu, résigné et attendant l’estocade finale.

6/4 2/6 7/5 5/4… Balle de match. Et Steve tremble.

Seconde balle de match à présent. Et Steve tremble encore… 5/5 puis 5/6.

darcis davisNous étions prêts à bondir et laisser exploser notre joie… Je m’affale sur mon siège. Je n’ai plus de peau pour trembler. Tout serait-il à refaire? Et cela s’agite bien trop à nouveau du côtés des bleus et blancs… Et si?

Steve est serein pourtant. Il égalise et s’ouvre les portes du Tie-break. Cette loterie avec laquelle j’aurai toujours du mal, n’en déplaise à David. Ne pense pas, Steve… cela paralyse l’action. Il faut vouloir et tout s’ajuste.

L’Argentin débute les hostilités par une double faute. Prémonition.

L’espoir change à nouveau de camp. Notre « gladiateur » mène 5/2 à présent. Puis 5/3…

6/3. Troisième balle de match. Gros plan sur Steve au service. Cette fois, il ne tremble plus. Il sait déjà qu’il n’a rien à perdre à prendre un risque et monter au filet pour conclure par une volée victorieuse.

Et, comme il l’avait visualisé, quelques secondes plus tard, c’est d’un smash qu’il conclue le travail.

darcis gagneEt oui… cette fois, c’est gagné! Il s’écroule et est rejoint bien vite par tous les membres de l’équipe belge. Une montagne humaine de bonheur. C’est beau. Tellement intense.

belgium davis 2A quoi pense-t-il, notre gladiateur-héros? Se remémore-t-il ses moments de doutes durant lesquels son épaule meurtrie l’avait éloigné des terrains? Il y a un peu plus d’un an. Il est ressorti de nul part, Steve, ne l’oublions pas, non plus. Quelle belle leçon pour nos jeunes, quel bel exemple pour nous, coachs.

Bravo Monsieur Darcis.

Bravo et merci à toute cette équipe belge de nous avoir fait autant rêver et offrir ainsi à la Belgique un moment inoubliable… Hors du commun.

Tiens, au fait, ils étaient où nos « représentants » politiques ou autre? Ce n’était pas le « Bruxelles sans voiture » partout dans le pays, non? Il est vrai que la place en VIP à Forest était bien certainement moins chères que les hôtels somptueux au Brésil où ils suivirent, il y a peu, la coupe du monde de football. Tout un paradoxe.

En route pour la Grande Finale contre la Grande-Bretagne d’Andy Murray à présent. Même pas peur.

Le rêve est en marche. Plus que jamais vous êtes notre « Red Dream Team ».

Après les rêves bleus…

 

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