Coupe Davis 2015 : Andy Murray brise le rêve des belges

« Je n’ai pas l’impression que nous avons perdu cette finale. C’est juste Andy Murray qui l’a gagnée… » (Johan Van Herck)

andy davis cup

Il a raison, notre vaillant capitaine de Coupe Davis. Avec un premier joueur d’une telle solidité tant physique, tennistique que mentale, l’équipe britannique ne pouvait bien évidemment pas passer à côté de cette victoire incontestable.

Imaginez donc.

Cette année, le bouillonnant Andy a joué 11 matchs en Coupe Davis et n’en n’a perdu aucun. Seul John Mac Enroe le devance avec ses 12 victoires d’affilée.

andy tropVainqueur de ses huit simples, il est le troisième joueur après Big Mac (1982) et Wilander (1983) à terminer la saison invaincu dans cette compétition depuis la création du groupe mondial en 1981.

Et il devient aussi le second joueur après Pete Sampras (1995) à avoir remporté ses trois matchs lors d’une finale de Coupe Davis. Même Maître Roger avait dû s’incliner contre Gaël Monfils l’an dernier avant d’offrir le Saladier d’Argent à l’équipe suisse.

Du grand art.

Chapeau (melon) bas, Monsieur Murray. Et bravo à cette équipe de Grand Bretagne d’avoir reconquis ce titre après 79 ans d’attente. « Une des plus belles performances du sport britannique », estime leur capitaine Leon Smith. Pour sûr.

David pleureN’en déplaise à son équipementier, les larmes de David Goffin n’étaient pas de crocodile. Elles en disaient long sur l’enchevêtrement des émotions qui l’ont traversé ce week-end… Et sur son état d’épuisement total. Car il a vraiment tout donné et semblait très marqué durant son interview d’après match. « Il a pris 20 ans, là… » me confiait une personne très chère en regardant les images.

Ses larmes sucrées salées étaient truffées d’espoir aussi. Et de fierté, malgré tout. C’est dur d’échouer si près du but. Mais son regard se tournait déjà vers l’avenir.

Il sait qu’ il lui a manqué beaucoup d’agressivité dans le jeu et de puissance au service, sur sa deuxième balle principalement qui était systématiquement balayée par Murray.

David est un tendre qui doit apprendre encore à sortir ses griffes. C’est le prix à payer pour accéder au Top 10. Il en a les moyens. Et le volonté, je pense.

Il m’a ému. Je suis certain qu’il y croyait, lui aussi, à cette inaccessible étoile. Son « grand rêve » qui était aussi le nôtre.

Et pourtant…

Pourtant, je reste persuadé qu’il y avait, malgré l’ogre écossais, une réelle possibilité de remporter ce titre. Car, après le premier succès laborieux de notre David (un peu tétanisé par l’enjeu au début de la première rencontre face à un Kyle Edmund déchaîné) et la victoire de Murray contre un courageux Bemelmans, la paire de double liégeoise avait vraiment une carte à jouer face à la fratrie Murray.

darcis goffinParce qu’il en a étonné plus d’un, notre coach, en alignant David Goffin et Steve Darcis. Ce fut un coup de poker qui aurait pu s’avérer capital.

Parce qu’ils étaient franchement bien préparés nos joueurs… Du Llodra la dessous? Peut-être et… tant mieux si la somme octroyée au sorcier (?) français est bien celle qui a été chuchotée ce week-end. Il fallait bien que j’enrage sur quelque chose.

Trève de médisance, il n’a pas manqué grand-chose vraiment.

D’abord, et je ne suis pas le seul à le penser, un peu plus de lucidité et de prise de responsabilité dans les moments décisifs de la rencontre.

A ce niveau-là par exemple, n’en déplaise à Michaël Llodra, on ne peut pas se permettre de galvauder la moindre balle de break. Et à ce petit jeu-là, nos p’tits belges auraient pu faire la différence dans le 9ème jeu de la première manche et… s’envoler vers le gain du set. Que se serait-il passé après cela? Nul ne le saura jamais.

frères murrayEnsuite, après un second set formidable de qualité et d’intensité, Steve et David auraient dû profiter, avec plus de volonté et de hargne, de ce premier break obtenu pour mener 2-1. Malheureusement, la paire écossaise rendait immédiatement la pareille à nos couleurs au jeu suivant pour remettre le couvert un peu plus tard après un jeu de folie et empocher la troisième manche. Et si, au lieu de cela, nous avions mené 3-1 ?

Tout cela ne sont que des suppositions. Des hypothèses. Des supputations.

Tu le sais mieux que moi, un match se joue très souvent sur de petits détails. Sur un ou deux points. Sur un seuil de concentration qui se fixe ou diminue à un bon ou un mauvais moment.

On ne refait pas l’histoire mais, je persiste et signe : il n’a pas manqué grand-chose.

roi murrayEt surtout, avec beaucoup de certitude, un joueur ou… une paire spécialisé(e) dans ce genre un peu particulier qu’est… le double justement.

Quand on sait que Goffin n’avait, jusque-là, joué qu’une seule rencontre de double en Coupe Davis (en 2012 contre… la Grande Bretagne !) et que la paire liégeoise n’avait disputé que cinq rencontres ensemble, on se rend compte que le fossé entre le deux équipes était presque infranchissable. Les deux frères Murray, quant à eux, comptabilisent 32 victoires pour 23 défaites et deux succès ATP à la clé. Cela laisse perplexe.

connors nastaseLes grands champions se consacrent exclusivement à leur carrière en simple aujourd’hui. On sait qu’il est bien loin ce temps où les premiers mondiaux, Nastase, Connors, Mac Enroe par exemple, caracolaient aussi en tête du classement de double.

La faute à beaucoup trop d’argent mis en jeu.

Certaines nations possèdent donc des équipes types comme les frères Bryan aux Etats-Unis ou d’autres peuvent compter sur les qualités d’un joueur plus expérimenté en double comme Marcelo Melo au Brésil, le croate Ivan Dodig ou… Jamie Murray (7ème en doubles ATP).

Il y a peu, nous alignions la paire O. Rochus/Malisse riche d’un titre à Roland Garros, non?

C’est sans doute une belle leçon à tirer de cette finale et je reste persuadé que notre brillant staff national saura se pencher sur cette question épineuse afin de relever de nouveaux défis.

Nous en avons les moyens. Plus de complexes ni de billevesées du genre « c’est déjà bien d’en être arrivés là »…

roi davisCe week-end, le public a répondu à l’appel. Tout comme nos souverains pourtant bien silencieux depuis une bonne semaine. La fête, elle, était belle et superbement bien organisée. En ces temps d’incertitudes, nous avons tous prouvé ainsi que nous avions soif de nouveaux rêves.

Le sport se doit de nous les permettre.

Comme David, ne nourrissons pas de regret. Et voyons l’avenir avec optimisme et cette volonté inébranlable de continuer à vouloir aller de l’avant. En mettant tout en œuvre afin de progresser encore et encore.

Pendant ce temps, comme pour corroborer mes écrits, Yanina Wickmayer remportait son cinquième titre WTA à Carlsbad aux Etat-Unis.

washerDu haut de leur nuage, Jacky Brichant, rejoint ce vendredi par son compère Philippe Washer, peuvent être fiers du tennis belge qu’ils ont tout aussi brillamment représenté à leur époque.

Et sourire à l’avenir.

Tous ensemble autour de « nos » Mousquetaires…

Merci à eux de nous avoir fait vibrer.

Il n’y a pas d’impossible. C’est un leurre.

 

 

 

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