Cerveau droit et cerveau gauche, deux amis inséparables. (1)

visualisation créative

Responsable de nos fonctions supérieures (cognitives, sens, réponses nerveuses) et végétatives (il assure aussi la régulation de toutes nos fonctions vitales), que n’a-t-on déjà pas écrit sur notre cerveau?

Que n’a-t-on pas fantasmé surtout..

D’abord il y a eu cette fameuse citation d’Albert Einstein qui prétendait que nous n’utilisions que 10% des facultés de notre merveilleux ordinateur central.

C’était une belle galéjade puisque nous savons aujourd’hui que notre cerveau est le plus grand consommateur énergétique de tout notre corps (environ 20% de l’énergie produite chez l’adulte et jusqu’à 60% chez l’enfant).

bebertSi 90% de l’organe n’était pas utilisé, il serait très surprenant qu’il puise autant d’énergie si précieuse au fonctionnement des autres organes. Ceci aurait constitué une perte importante à laquelle l’évolution aurait remédié en faisant diminuer la taille du cerveau. Avec un organe plus petit, davantage d’énergie aurait été disponible, ce qui aurait constitué selon les scientifiques, un avantage évolutif.

Par ailleurs, l’observation de notre encéphale a confirmé son utilisation globale.

Bien essayé Monsieur Albert.

Ensuite, dans les années soixante, les recherches qui permirent au neurophysiologiste américain Roger Sperry de recevoir le prix Nobel de Médecine  ont tenté de prouver que les facultés des deux hémisphères cérébraux étaient bien différentes. Le côté gauche contiendrait le langage, le mode rationnel et intellectuel alors que le côté droit pourvoirait aux capacités spatiales, créatrices et émotionnelles…

La « théorie des deux cerveaux » lancée dix ans plus tard par trois neurologues de l’Université de Harvard, Geschwind, Levitsky et Galaburda sembla alors prouver, de façon catégorique, les découvertes de Sperry. On commença alors à parler de « latéralisation du cerveau » et ces révélations sont très vite devenues le creuset de toutes sortes de spéculations psychologiques, socio-politiques voire même mystiques.

L’imagination de l’homme peut être débordante quand on lui révèle l’existence de son « cerveau droit »…

cerveau et yinAinsi, dans ses années de révolution sociale durant lesquelles le mouvement « hyppie » recherchait des méthodes d’épanouissement, de nouveaux fantaisistes (les Gouroux) ont bien sûr exploité ce filon symbolique des deux cerveaux qu’ils présentaient comme le Yin et le Yang, le bien et le mal, le héros et le méchant. A droite, la perception de l’espace, l’affectivité, la contemplation et toutes les valeurs positives de l’Asie et l’Orient. A gauche, le langage, la raison, l’esprit d’entreprendre et tout ce qui représentait les valeurs négatives de l’Occident.

Dans leur livre « Cerveau, sexe et pouvoir », Catherine Vidal et Dorothée Benoit-Browaeys résument bien la situation de l’époque : « Nombres d’ouvrages et de « stages d’initiation » proposaient des méthodes pour « penser équilibré ».

Les auteures en profitent également pour en remettre une couche sur ce qu’il se passe aujourd’hui encore : « Et le filon n’est toujours pas épuisé! Ces arguments sont toujours utilisés dans une certaine presse grand public et par de nombreux charlatans prometteurs de beaux jours. »

Nous voilà avertis.

cerveau 2En réalité, les études de Roger Sperry se basaient sur des patients atteints d’épilepsie auxquels les médecins avaient fait subir une ablation du « corps calleux » du cerveau, le paquet de nerfs qui relient les deux hémisphères cérébraux.

Et les résultats proposés par les neurologues de Harvard, eux, avaient été obtenus à partir de recherches sur des patients porteurs de lésions cérébrales.

Même si elles étaient importantes à l’époque pour une compréhension plus approfondie du fonctionnement du cerveau, il aurait fallu dès lors interpréter ces observations plus explicitement et avec plus de prudence.

Le fonctionnement des deux parties du cerveau « médicalement séparées » ou d’un cerveau endommagé ne correspond évidemment pas au fonctionnement normal de l’organe sain…

2 cerveauxDans le même ordre d’idée, entre 2006 et 2008, la célèbre neuroanatomiste américaine et grande fervente de l’asymétrie cérébrale Jill Bolte Taylor, affirme que les deux cerveaux traitent différents sujets de différentes manières, de sorte qu’ils auraient des « personnalités » distinctes.

  • Le gauche peut se situer dans le temps (présent/passé/futur), est maître du langage et de la rationalité des choses,
  • le droit ne vit que dans l' »ici et maintenant », est responsable des sens, ne comprend donc que les images et apprend par kinesthésie, c’est à dire les mouvements et les affects du corps…

Mais dans ce cas-ci, une fois encore, la scientifique se basait sur ses propres connaissances mais également et surtout sur son expérience personnelle après avoir vécu un accident vasculaire cérébral. Son livre « Voyage au delà de mon cerveau » deviendra un best seller et son allocution lors d’une conférence TED (les célèbres conférences américaines pour « défendre les idées qui en valent la peine »…) ainsi que son passage remarqué à l’émission « The Oprah Winfrey show » lui permettront de connaître la célébrité tout en assurant financièrement ses vieux jours.

Sans aucune preuves scientifiques.

Depuis, les études, basées sur des recherches cliniques ou scientifiques (la technologie évolue en ce sens d’une manière prodigieuse…), pataugent quelque peu et les résultats obtenus sont peu probants. On croit même aboutir mais des observations supplémentaires prouvent le contraire des théories émises.

Comme si le cerveau voulait pudiquement garder ses secrets.

On imagine même aujourd’hui que ses prédispositions seraient orchestrées par de hautes régions du « cortex cérébral », la substance grise des deux hémisphères.

Je ne désire donc nullement briser un mythe vieux de plus de quarante ans ni remettre en question toutes les théories de développement personnel que favorise cette croyance (j’en suis par ailleurs un fidèle pratiquant et défenseur…), mais je tiens à garder une cohérence scientifique intransigeante d’autant que les recherches sur les secrets du cerveau n’en sont toujours qu’à leurs balbutiements. Et son étude semble bien complexe.

cerveau fortA l’instar de beaucoup de chercheurs, de neuroscientifiques et de nombreux défenseurs de la physique quantique, je préfère imaginer le cerveau comme une unité parfaite, dont les deux hémisphères sont en connexion permanente et « s’accordent » afin de réaliser les tâches qui leur sont ou non (…) demandées.

Nous avons besoin de nos deux hémisphères pour vivre dans toutes les facettes de la vie. Ils travaillent de concert. Comme un continuum qui travaille en harmonie complète et subtile.

Je vais peut-être en décevoir certains mais je ne pense pas que nous soyons purement « cerveau droit » ou « cerveau gauche ». Et je laisse donc à d’autres auteurs le loisir d’imaginer et imager cette probabilité à outrance.

Nous vivons dans un monde friand du « poids des mots et du choc des photos ». Des images surtout.

Cela me dérange même aujourd’hui d’entendre dire Monsieur Jean Philippe Vaillant dans son livre passionnant et remarquable pourtant (« Penser comme un champion » aux Editions Amphora) que « c’est le cerveau gauche qui ne joue pas qui empêche le cerveau droit de jouer ».

Peut-on se permettre pareilles déclarations sans certitudes scientifiques? Même si l’allégorie est belle.

cerveau fauxEt cela me désole de voir ses sempiternels tableaux avec les particularités des deux hémisphères cérébraux dans une multitude d’ouvrages traitant du coaching mental. Prétendant, avec tests à l’appui, que celui-ci doit travailler son cerveau droit tandis que l’autre doit plus se fier à son cerveau gauche.

En prenant les lecteurs pour des niais, on dénature toute la valeur du coaching. Respectons les vérités et les réalités scientifiques de grâce.

Tout comme son ordinateur principal, la personnalité humaine est complexe. Pourquoi ne pas la voir dans sa globalité? Et l’accepter ainsi. Telle qu’elle est.

Tout en renforçant ses points forts et en développant ses zones plus ombragées. Celles dont on parle moins parce qu’elle sont plus floues. Moins cartésiennes.

C’est de cela dont je te parlerai dans ce dossier spécial centré sur ton activité cérébrale en espérant te faire découvrir une foultitude de secrets sur la créativité, l’intuition, l’imagination et bien d’autres dons encore que tu possèdes sans doute déjà sans le savoir et sans… les développer à outre mesure.

Car il n’est jamais trop tard.

Et puis, comme le dit très justement l’écrivain Bernard Werber :

« le cerveau ne s’use que quand on ne s’en sert pas… »

A bientôt.

 

 

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